Affichage des articles dont le libellé est économie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est économie. Afficher tous les articles

jeudi 20 octobre 2016

Rencontres d’affaires et l’événementiel : un nouvel élan pour un secteur clé de l’attractivité touristique française

Lors des travaux du Conseil de promotion du tourisme, il avait été identifié que le secteur des rencontres professionnelles et événementielles est souvent oublié par les pouvoirs publics. Pourtant, il génère chaque année, en France, des retombées économiques évaluées à 5,8 milliards d’euros. Les participations d’entreprises à des foires ou salons ont aussi permis de dégager un chiffre d’affaires de 30,5 milliards d’euros, dont 68 % au bénéfice d’entreprises
françaises en 2014. C’est un levier considérable pour nos entreprises, leur permettant de démontrer leur savoir-faire et leur offrant de réelles opportunités d’exportation. C’est aussi et surtout un facteur d’attractivité pour notre pays. Pourtant, il existe sur ce segment de marché à la fois une nécessité de structuration de l’offre et une attente des professionnels pour fédérer les acteurs publics et privés. Lors de la Semaine des ambassadeurs, en août 2015, je suis le modérateur d’une table ronde sur le sujet. Elle est présidée par Matthias Fekl, avec à ses côtés Sébastien Bazin (P.-D.G. du groupe Accor), Augustin de Romanet (P.-D.G. d’Aéroports de Paris) et Matthieu Rosy (directeurgénéral d’Unimev). L’objectif est de sensibiliser le réseau diplomatique sur l’importance de ce marché et sur le rôle stratégique que les ambassadeurs peuvent jouer auprès des entreprises et des décideurs implantés dans leur pays. Une liste des foires et salons stratégiques est dès lors réalisée et une feuille de route définie. Quelques semaines plus tard, sous l’impulsion de Matthias Fekl et du ministre de l’Économie, il est décidé de lancer un comité de filière spécifique « rencontres d’affaires et événementiel ». Les cabinets des deux ministères sont directement impliqués. Les travaux de préfiguration de la filière sont réalisés par la mission tourisme du MAEDI et par la sous- direction des services aux entreprises de la DGE. Nous choisissons Renaud Hamaide, directeur général de Comexposium, pour piloter les travaux. En quelques semaines, nous identifions les acteurs à associer. Ils seront une centaine à être auditionnés, au premier semestre 2016, sous le format éprouvé du Conseil de promotion du tourisme. Les travaux sont menés autour de trois thèmes : promotion et attractivité ; infrastructures ; événements. La machine est en route. Les propositions sont formulées, les professionnels mobilisés. Le lancement officiel du comité de filière, en présence de représentants des deux ministères, est programmé lors du Salon international de l’alimentation (SIAL) en octobre 2016. (lire "Tourisme, la France n°1 mondial" - Michel Durrieu - Édition du Cherche Midi)

Signature du contrat de filière pour les rencontres d’affaires et l’événementiel.

Christophe Sirugue, Secrétaire d’État chargé de l’Industrie et Matthias Fekl, Secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l’étranger ont signé le jeudi 20 octobre le contrat de filière « rencontres d’affaires » avec Renaud Hamaide, Président du groupe Comexposium et préfigurateur de la filière.



L’industrie des rencontres et évènements professionnels représente un secteur majeur pour l’économie française : 120 000 emplois en dépendent (foires, salons, congrès et réunions d’entreprises), et le secteur contribue à la valorisation de l’offre française à l’export. Le contexte actuel du secteur touristique en France exige une mobilisation forte et collective des acteurs de la filière pour permettre à la France de maintenir et renforcer sa place parmi les pays leaders dans ce domaine à l’échelle internationale.

Fruit de cette démarche, le contrat de filière recense 21 actions, dont 5 d’application immédiate. Les mesures adoptées concernent spécifiquement :
       • La promotion à l’international de l’offre française et l’amélioration de l’accueil des touristes ;
       • La modernisation des infrastructures, notamment celles relevant du numérique ;
       • Le renforcement de la performance des activités connexes (sécurité, culture, accueil dans les aéroports et gares).

Les actions retenues visent à répondre aux besoins de l’ensemble des entreprises de la filière, de toute taille et tous métiers confondus. Elles ont aussi pour ambition d’augmenter les retombées économiques pour les entreprises et les territoires accueillant ces manifestations. Ces actions se concentreront, dans un premier temps, sur des événements existants, que leur taille et leur degré d’internationalisation désignent comme prioritaires, avant un élargissement ultérieur à d’autres événements.

Les actions les plus emblématiques sont :

      • La création d’un « pack d’appui » pour une liste de 30 salons prioritaires, comportant notamment la présence de hautes personnalités aux inaugurations, l’amélioration du parcours client dans les infrastructures de transport, et l’association d’initiatives publiques de promotion de l’image de la France comme Créative France ;
     • Le renforcement de la couverture numérique des sites d’accueil ;
     • L’incitation pour les visiteurs et exposants à prolonger leur séjour en proposant des programmes d’excursions culturelles et en facilitant l’accès aux grands nœuds de transport ;
     • Le soutien à l’exportation de la filière, en créant un volet dédié aux rencontres d’affaires et à l’événementiel dans le programme d’appui aux entreprises du tourisme « French Travel », et en promouvant la géo-duplication des 30 salons prioritaires ;
      • Le renforcement des formations au sein de la filière et le soutien à leur promotion.

Les signataires ont été : AccorHotels ; Air France-KLM ; Atout France ; Business France ; CCI France ; CCI Paris Ile-de-France ; Créatifs ; Comexposium ; CRT Ile de France ; Destination Régions ; Disney Business Solutions ; FFTélécoms (Fédération Française des Télécoms) ; France Congrès et Événements ; GL Events ; GNC (Groupement National des Chaînes hôtelières) ; GNI (Groupement National des Indépendants) ; Hopscotch ; Orange ; OTCP (Office de Tourisme et des Congrès de Paris) ; Paris Aéroports ; Promosalons ; Reed Expositions ; Reed Midem ; SNES (Syndicat National des Entreprises de Sécurité) ; Tourisme et Territoires ; UAF (Union des Aéroports Français) ; UMIH (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie) ; UNIMEV (Union Française des Métiers de l’Evénement) ; UNPLV (Union Nationale pour la Promotion de la Location de Vacances) ; VIPARIS

 

samedi 3 mai 2014

Technologie, connectivité et mobilité, les leaders de l’industrie du Tourisme peuvent se renforcer ou mourir en essayant de s’adapter.


Le secteur du tourisme doit terminer sa mutation et continuer d’inventer son avenir. Cela signifie qu’il devra intégrer de nouvelles plates-formes technologiques et de nouveaux modèles économiques qui impliqueront, et impliquent dès aujourd’hui, des changements culturels et structurels des acteurs actuels. Sauront ils les planifier et les mettre en oeuvre? Verrons nous s’imposer de nouveaux entrants? Les leaders d'aujourd'hui peuvent profiter de la situation pour se renforcer ou mourir en essayant de s’adapter. Ce qui est arrivé à Nokia peut arriver aux leaders des voyages d'affaires (Carlson Wagonlit Travel, Amex Travel , BCD ou HRG) ou aux leaders du secteur des voyages loisirs (TUI ou Thomas Cook) . En effet, il y a moins de deux ans, Nokia était leader du téléphone mobile quand cette entreprise a rencontré des difficultés économiques et stratégiques, pour ne pas avoir su anticiper et ne pas avoir su s’adapter aux nouvelles attentes des clients et intégrer les nouvelles technologies découvertes par ses concurrents. Nokia a ensuite été démantelé et racheté par Microsoft en début d’année.

Il est évident pour tout le monde que les technologies sont nécessaires pour optimiser les ressources, en automatisant les processus opérationnels, et pour profiter des opportunités en terme de distribution et de marketing direct en implantant des systèmes de CRM et des systèmes de réservations rapides et intuitifs. Mais il est essentiel de comprendre que les investissements dans les nouvelles technologies sont des facteurs clés pour répondre aux attentes nouvelles des voyageurs. Elles deviennent ensuite, 
pour les entreprises qui les développent et les mettent en œuvre correctement, des avantages concurrentiels et des barrières à l'entrée pour les nouveaux entrants. Il faut, non seulement, répondre aux attentes des voyageurs identifiés au jour d’aujourd'hui, mais aussi à celles qui vont apparaitre dans le «big bang des services mobiles et numériques », qui est engendré par les utilisateurs eux mêmes.

Les tendances et les technologies naissent et sont mises en œuvre de plus en plus rapidement, la radio a patienté 38 ans pour atteindre une audience de 50 millions d’auditeurs, la télévision 13 ans et Internet seulement 4 ans .... Quel impact auront les nouvelles technologies et en combien de temps seront-elles mises en œuvre dans le secteur du tourisme? C’est un exercice de prospective difficile, si l’on prend en compte qu’actuellement nous formons les étudiants pour des emplois qui n'existent pas encore, qu’ils utiliseront des technologies qui n'ont pas encore été inventées ... pour résoudre des problèmes et répondre à des attentes que nous ne connaissons même pas.


Essayons de résoudre cet exercice de prospective.

Dans la distribution hôtelière les technologies permettront de continuer à maximiser la rentabilité et permettront aux voyageurs d'accéder à l’information de manière plus rationnelle. Ainsi un voyageur pourra effectuer des comparaisons et vérifier cette information  via les réseaux sociaux avant de réserver. Il pourra aussi le faire  pendant le voyage, à tout moment et en toutes circonstances. Les hôtels offriront gratuitement tous types de connectivités et créeront de nouveaux services payants. Nous ouvrirons les portes des chambres par reconnaissance de nos empreintes digitales ou via notre portable, nous pourrons payer par le même moyen le mini bar ou demander un service de chambre via une nouvelle application de notre Smartphone. En rentrant dans la chambre tous les périphériques disponibles se configureront selon les caractéristiques personnelles du cloud du client. L'hôtel sera choisi en fonction de la présence ou non d'amis facebook et les salles de réunions seront réservées via Linkedin .

Dans l'aérien, la technologie permettra de faciliter le processus de servuction (élaboration du service), d’optimiser le processus de réservation et d'améliorer l'expérience vécue par le voyageur. Depuis n'importe quel support numérique, on offrira (jusqu’à la porte d’embarquement) la possibilité du check-in (50 % en ligne en 2013 ... 90 % fin 2014),  de l'enregistrement des bagages, de la réservation des places, et tout autres services à la carte. Tout sera modifiable jusqu'au dernier moment. Le siège pourra être sélectionné selon les caractéristiques habituelles, côté couloir ou hublot, mais aussi en fonction de la présence d’un contact LinkedIn de catégorie 1 ou de tout autre réseau social, ou le cas échant s‘il existe des profils similaires s’étant identifiés comme ouvert au dialogue pendant le vol. Les désagréments rencontrés dans les aéroports seront réduits au minimum, les contrôles seront facilités par l'intégration de nouvelles technologies, du type Passbook et NFC ( Near Field Communication), permettant la reconnaissance et la révision numérique des personnes et des bagages. Aussi seront mis en service des portiques à reconnaissance et ouverture automatique pour les zones de contrôle et d'embarquement. Dans les avions la connectivité à bord sera totale et généralisée et permettra l'émergence de nouveaux services à hautes teneurs technologiques tels que l'accès à des produits de visioconférences, ou la mise à disposition de tablettes personnalisées qui par reconnaissance digitales s’auto chargerons avec les données du voyageurs stockées et sécurisés sur des serveurs virtuel.


Mais n'oublions pas ce qui est certainement le plus important. Tous ces progrès technologiques vont permettre une meilleure connaissance des passagers et une personnalisation, de bout en bout, du service. Rappelons que les critères de segmentation des clients se multiplient actuellement à l'infini dans les gigantesques bases de données CRM (customer relationship management). Ces informations croisées avec les données stockées via les réseaux sociaux vont permettre de développer un service personnalisé qui va sans aucun doute augmenter la satisfaction des voyageurs, permettre de les fidéliser et de réduite partiellement le stress engendré par le voyage. Et pour les entreprises du secteur qui auront su investir et changer, ou pour les nouveaux entrants qui se seront imposés par leur maitrise des technologies, d’importants revenus seront générés.


Nous devons être conscients que le numérique est entièrement intégré dans la vie du voyageur et que l'utilisation des Smartphones, qui ont une croissance exponentielle, l’est dans le processus de servuction du voyage. En 2020, plus de 50 % des employés des entreprises, et par conséquent des voyageurs d'affaires, seront des « Millennials» (nés dans les années 80/90). Ils sont nés et ont étudiés avec internet! Le numériques et les applications mobiles, en particulier, deviennent des facteurs clés de succès dans l'industrie et seront des barrières stratégiques et commerciales pour les entreprises qui ne les intègrent pas dans leurs processus et dans leur offre de services. Nous entrons dans un environnement de connectivité totale et permanente. Bienvenue dans le village global de l'interaction numérique et de la connectivité.

Petit tour guidé de notre village global numérique et interconnecté d'aujourd'hui.

En une minute sur Internet, Google reçoit plus de 2 millions de visites, plus de 600 sites sont créés, plus de 100 heures de vidéos sont chargées sur YouTube, plus de 200 millions d'emails sont envoyés, plus de 1,8 millions de "j’aime" sont enregistrés sur facebook ... , en 1 heure,  les 1,4 milliards d'utilisateurs de Facebook partagent plus de 10 millions de photos, Twitter enregistre plus de 500 millions de messages par jour (environ 200 milliards par an), plus de 350 millions de tablettes numériques par an sont vendues (129 millions en 2012 ). Plus de 50 % des plus de 21 ans ont créé du contenu web et plus de 80 % des enfants de 4 ans ont utilisé un ordinateur.

Ces dernières années, dans le secteur du tourisme, nous avons vécu une nouvelle étape de la révolution technologique. Elle n’est pas terminée, elle s’accélère.

Dans les années 1965 à 1995 les agents de voyages étaient les seuls à utiliser les GDS (Système de gestion des réservations des compagnies aériennes). Ils étaient l'interface humaine indispensable et obligatoire pour réserver un voyage.

Au cours des 10 années suivantes, dans le secteur des voyages d’affaires, les entreprises clientes ont commencé à demander des outils d'auto - réservation, sans pour autant les utiliser, par manque de fonctionnalité. Les voyageurs eux, ont commencé à avoir accès et à utiliser l'information disponible sur Internet.

En 1996 naissent Expedia (sous l’impulsion de Microsoft) et Travelocity (GDS Sabre ). Et à la même période Amadeus se positionne comme un acteur stratégique dans l’online B2B et B2C. Les réservations en ligne ont une croissance exponentielle.

Depuis 2008, avec le lancement de la 3G, de l’iphone d’Apple et des premières applications de voyage, le Travel 2.0 s’impose. En 2014 avec la 4G, le voyageur demande un accès, permanent et mobile, à l'information et il dialogue sur les réseaux sociaux pour la contraster avant de prendre la décision de réserver. Le voyageur commence à évaluer en ligne les services reçus (1 voyageur d'affaires sur 3 admet avoir posté un commentaire et/ou évalué un hôtel sur internet).


Maintenant nous devons anticiper les tendances et être conscient de la prolifération des Smartphones avec connexion permanente à internet. C'est la révolution des 3 prochaines années. On estime qu'il y aura plus de 2 milliards de Smartphones en 2015, actuellement 84 % des passagers en ont un et il est estimé que plus de 50 % des réservations en ligne seront faites sur un téléphone portable en 2017. Deux systèmes d'exploitation dominent le marché avec 92 % de part de marché : Apple (iOS pour iPhone et iPad ) et Google ( Android ) . Pour ne pas hypothéquer son avenir dans l’internet mobil, Microsoft a essayé de réagir, peut-être trop tard, avec le rachat de Nokia .

Les entreprises leaders de l'industrie du voyage seront-elles gérer ces changements? Est-il trop tard, comme pour Nokia ? Seront-elles rachetées par des sociétés technologiques? Les leaders d'aujourd'hui vont-ils disparaitre ou muter ? Qui seront les acteurs de demain?

Dans la situation actuelle, les leaders de l'industrie ne doivent pas seulement prendre conscience de cette évolution pour définir une stratégie future. Ils doivent avoir la capacité et la volonté de faire des investissements importants et mettre en place des alliances stratégiques. Ils doivent être en mesure de mettre en œuvre une politique du changement en interne, pour adapter leurs structures et changer leurs cultures traditionnelles. Ils doivent aussi intégrer et savoir retenir de nouveaux profils et certainement aussi restructurer les équipes existantes. Ils devront aussi changer leur image et certainement leur nom et repositionner leurs marques, souvent obsolète ou inadapté aux nouveaux modes de communication. C'est une révolution totale que de nombreuses entreprises n'ont pas anticipée et/ou sont incapables de mettre en oeuvre. Beaucoup n'ont pas suffisamment investi dans le numérique. Elles ont des structures de coûts insoutenables et une résistance interne au changement, qui ne leurs permettront pas de s'adapter et de survivre. Dans le même temps, les entreprises technologiques ont la possibilité d'acquérir des positions fortes sur le marché de la gestion des voyages. Google, Apple ou Microsoft, mais aussi Amadeus ou Sabre peuvent être les leaders de demain, seul ou en achetant tout ou partie des sociétés actuelles qui pourraient être démantelées ou vendues, comme Microsoft avec Nokia.

mercredi 5 février 2014

Les taxes d’aéroports, un frein pour le commerce extérieur et pour la destination France.

Penser que l’augmentation des taxes d’aéroports est sans limite et que c’est une imposition indolore et sans impact sur notre économie est une grave erreur.

Les entreprises qui souhaitent développer leurs activités au niveau national mais encore plus à l’international sont immédiatement pénalisées. En effet les taxes peuvent représenter plus de 50% du prix du billet pour les destinations moyens courriers, Europe, Maghreb et Moyen Orient et environ 20% sur les destinations long courriers. Nous taxons donc nos entreprises lorsqu’elles partent démarcher à l’international. En sommes nous réellement conscient ? Cette sur-taxation des déplacements aériens, nationaux et internationaux, détériore notre compétitivité. Il serait plus judicieux de permettre à nos entreprises de voyager à moindre frais et être plus présent sur les marchés porteurs et en croissance.
Chaque euro investi en voyage, a une répercussion immédiate sur les profits des entreprises. L’université d’Oxford a étudié et démontré une corrélation directe entre les investissements réalisés en voyages d’affaires par les entreprises et leurs exportations.

D’autre part le niveau des taxes à aussi un impact direct sur le tourisme destination France. En effet les touristes internationaux lors de leur choix de destination on comme principal critère le prix, le premier pour les escapades de courtes durées. A l’heure de comparer les prix des vols moyens courriers sur les moteurs de recherches, le choix de la destination peut se faire à quelques euros près. Dix euros de plus ou de moins par passager pour une famille de 4 peut représenter le coût de l’un des billets! La perte, des voyageurs qui finalement ne viennent pas en France pour quelques euros de taxes, se chiffre en centaines d’euros de chiffres d’affaires perdus pour nos hôteliers, restaurateurs, boutiques, etc. et pour l’état qui aurait récupéré la TVA correspondante. 


 L’augmentation des taxes d’aéroport est finalement une vraie fausse bonne idée ! Nous devons avoir une action rapide pour les limiter au maximum en France et en Europe.

dimanche 10 juillet 2011

Le tourisme en France et en Espagne un enjeu économique majeur.

Le tourisme (loisir ou d’affaires) est une industrie clé pour l’économie mondiale (3,8% PIB avec une croissance de l’ordre de +5%/an). Il est stratégique et vital pour la France (nº 1 mondial en nombre de visiteurs, nº 3 en terme de revenues générés, environ 6,3% de son PIB) comme pour l’Espagne (nº 4 en nombre de visiteurs, nº 2 en terme de revenues générés, et plus de 10% de son PIB).

La France et l’Espagne sont elles concurrentes ? Ces deux destinations du TOP 5 mondial peuvent elles être complémentaires à horizon 2020 ? Quels sont les enjeux, les facteurs clés de développement et les synergies possibles ?

Le tourisme s’appui sur des flux internationaux en forte évolution. Il y aura bientôt plus de Chinois qui visiteront l’Europe que d’Européens qui visiteront l’ensemble de la planète.

Depuis 2001, il y a un comportement négatif du tourisme mondial, amplifié ces deux dernières années par la crise économique mondiale sans précédant. Cependant de belles perspectives existent...

- 2002 : 715 millions de Touristes (+3,1%).... 2010 : pratiquement 1 Milliard.... et 1,5 milliard en 2020

- L’Europe Méridionale est l’une des zones géographiques avec une forte croissance en nombre de touristes (130 millions de touristes en 2001 entre 200 et 300 millions en 2025)

- Chiffre clé : 8 personnes sur 10 restent en vacances sur leur contient.

- Les touristes de demain viendront des pays asiatiques. 18 Millions de touristes Japonais.... bientôt dépassés par les chinois qui devraient être dans les prochaines années plus de 100 millions à sortir de leurs frontières.

La France reste pour l’instant la première destination touristique mondiale, suivie des Etats-Unis, tandis que la Chine, 4e depuis 2009, pourrait - selon l'Organisation mondiale du tourisme (OMT)- ravir prochainement la 3e place à l'Espagne qui a déjà perdue sa 2ème place en 2008.
Selon le secrétaire général de l’OMT "Le centre de gravité (du tourisme mondial) est en train de se déplacer vers la Chine, mais aussi vers l'Asie en général", citant notamment la montée en puissance de la Corée du Sud et de l'Asie du sud-est.

N’oublions pas que la France doit sa première place du fait des visiteurs en transits. En effet 14 % des visiteurs étrangers dans l'Hexagone ne font que passer, en route vers l'Espagne et l'Italie. Ceci explique quelle ne soit que 3ème en termes de revenus générés.

Devons nous alors considérer la France et l’Espagne comme concurrentes ?

Sur de nombreux produits elles le sont au même titre que la Bretagne est concurrente du Pays Basque, ou la Costa del Sol l’est de la Costa Dorada. Mais nos deux pays ne peuvent ils pas aussi tirer des enseignements de leurs politiques touristiques passées pour travailler ensembles sur l’amélioration indispensable de leur offre. Il est devenu indispensable de travailler sur la complémentarité et les synergies de croissances des deux pays afin de penser une communication internationale commune. Un asiatique lorsqu’il se déplace en Europe visite en moyenne 3 capitales européennes avec en tête du peloton, Paris, Madrid, Barcelone, Rome, Londres. L’interconnexion de nos pays et de nos régions sera un facteur clé.

Mais n’oublions pas que la première destination des Français après l’hexagone est l’Espagne et que la première destination des Espagnols après la péninsule ibérique est la France.
Nos deux pays ont des flux économiques et touristiques croisés historiques. Le couloir méditerranéen en est l’un des enjeux stratégiques des prochaines années. Les premières destinations mondiales (Capitales Européennes : Paris, Madrid, Barcelone, Nice, Rome et les côtes méditerranéennes françaises et espagnoles) vont être reliées par le train à grande vitesse. La valeur indiscutable d’une destination (Loisir et/ou congrès et événementiel) est d’avoir en plus de sont attrait touristique, la force de développer et de maintenir toute l’année une capacité de transports d’origines les plus diverses (au minimum de moyennes distances et au mieux de long courrier). L’Espagne est la première destination et point d’origine des compagnies « Low Cost » au niveau mondial, elle est aussi depuis peu le pays avec le plus long réseau de train à grande vitesse. Elle est donc en position de garder sa place.

La France et l’Espagne sont inter-communiqués, pour ne pas dire imbriqués. Depuis Schengen nos régions se visitent sans barrières frontalières ni monétaires. Le pays basque, la catalogne, les Pyrénées sont des destinations touristiques à part entières.

Dans le contexte géoéconomique et géopolitique actuel et des prévisions pour les prochaines années on peut penser que les infrastructures de transports seront la clé du tourisme en Europe. Les flux touristiques, facilités par nos infrastructures aéroportuaires, ferroviaires et portuaires (pour le segment des croisières) et une stratégie commune, nous permettrons de consolider la croissance attendue du poids du tourisme (Objectif 2020 part du tourisme dans le PIB: France 7,5% et Espagne 11,5%).

Il ne fait aucun doute qu’il existe une concurrence bénéfique et nécessaire entre le tourisme français et espagnol. Elle permet de tirer vers le haut la qualité de nos produits et services, mais aussi parfois et malheureusement entrainer un effet de dumping. Mais la complémentarité et les synergies futures sont évidentes. Les Etats, les régions et les grands groupes du secteur (Hôteliers : ACCOR – Pierre et Vacances- ClubMed – Melia – NH/Hesperia- , Aériens : Ibéria – Air France, Ferroviaires : SNCF – RENFE, etc) doivent en être convaincus et doivent mettre en œuvre des stratégies d’investissements, de politiques commerciales et de communication à la hauteur des enjeux.