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mardi 4 avril 2017

Pour un développement durable du Tourisme

Intervention Michel Durrieu - Journée "Tourisme durable" organisée par CCI France et le Ministère des Affaires étrangères et du Développement international 

 

Comme vous le savez, avec 83 millions de visiteurs étrangers accueillis en 2016, la France est toujours la première destination touristique au monde. Elle attire par ailleurs, chaque année, de plus en plus de touristes internationaux en quête de séjours respectueux de l’environnement et au plus près des habitants. 

La France a de nombreux trésors culturels et immatériels, comme la gastronomie que les touristes classent toujours dans les premiers critères. Mais elle a aussi de nombreux avantages concurrentiels à valoriser sur le créneau du tourisme durable: elle dispose tout d’abord d’un patrimoine naturel d’exception : deuxième domaine maritime au monde abritant 10% des lagons et récifs coralliens de la planète, deuxième destination en Europe pour la diversité des amphibiens, oiseaux et mammifères etc. En Nouvelle Aquitaine par exemple il y a un million d’hectares de forêt, c’est aussi la première réserve mondiale de biosphère UNESCO (bassin de la Dordogne).

La France est également classée en deuxième position des destinations mondiales du tourisme à vélo, et dispose de plus de 115 000 km d’itinéraires de promenade et de randonnées …

On notera également qu’elle dispose de plus de 8500 km de voies navigables, soit le plus long réseau fluvial exploitable d’Europe. C’est pour cela que Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères et du développement international, avait chargé Jacques Maillot, fondateur de Nouvelles Frontières, d’élaborer une feuille de route sur les croisières fluviales et maritimes. De nombreuses mesures ont permis de structurer l’offre et de mobiliser les acteurs. VNF a en particulier fait du tourisme une priorité et les voies navigables et les chemins de halage sont maintenant intégrés dans notre stratégie d’écotourisme, et dans notre politique de tourisme durable.
 
La liste est encore longue des atouts de notre pays…

Pour autant, son potentiel en matière de tourisme durable (et en particulier d’écotourisme) reste insuffisamment reconnu sur la scène internationale.

Dans ce contexte, le Ministère des affaires étrangères et du développement international a créé un pôle d’excellence dédié à l’ « écotourisme » afin de développer et mettre en lumière des offres attractives. Sont alors valorisés l’itinérance douce (à pied, à vélo, en bateau, à cheval) et les modes d’hébergement à proximité de la nature et des populations locales. Sous l’égide de Guillaume Cromer, directeur d’ID-Tourism et président du réseau national Acteurs du Tourisme Durable (ATD), une quarantaine d’acteurs publics et privés ont été auditionnés.
Dans une feuille de route établie à l’issue de ces échanges, le pôle s’est donné plusieurs objectifs visant à promouvoir le tourisme durable et la France comme destination phare de l’écotourisme. Il s’agit ainsi d’améliorer les capacités d’hébergement et les services associés, promouvoir le cyclotourisme, développer le tourisme fluvial et plus généralement les itinéraires écotouristiques, notamment les sentiers de randonnée. Des opérations de communication et de structuration de l’offre sont également menées.
Atout France, opérateur public chargé du développement touristique de la France, participe,  à travers son cluster dédié, à la mise en œuvre de ces missions. Un MOOC (Formation en ligne) dédié à l’écotourisme est en cours de réalisation. Les autres acteurs clés de l’écotourisme s’investissent également dans la mise en œuvre de cette feuille de route (la Caisse des Dépôts avec un projet de plateforme en ligne « Mon tour de France » visant à commercialiser des séjours de slowtourisme, VNF a organisé la première journée nationale dédiée au tourisme fluvestre la semaine dernière) etc.

Les services du Premier Ministre ont lancé fin mars, dans le cadre du Programme d’Investissement d’Avenir (PIA 3) un appel à manifestation d’intérêt sur le thème des « Territoires d’innovation de grande ambition » qui financera des projets innovants dédiés au tourisme, et en particulier s’ils répondent aux enjeux de la transition écologique.

De plus, au-delà du pôle d’excellence consacré à l’écotourisme, la France promeut le tourisme durable dans ses accords de coopération bilatéraux. En effet, face à une demande croissante d’accompagnement sur la création d’offres répondant aux objectifs du développement durable, des acteurs publics et privés français du secteur viennent apporter leur expertise en la matière. Cela concerne notamment les accords passés avec Cuba, le Mexique, le Vietnam, l’Indonésie ou encore la Corée du Sud. En octobre, nous avons par exemple mobilisé la région Bretagne pour venir témoigner en Indonésie de ses pratiques en matière de tourisme durable et permettre des transferts d’expertise.

Au niveau multilatéral, la France est également chef de fil d’une instance nommée « 5+5 tourisme » réunissent 5 pays du Sud de l’Europe et 5 pays du Nord de l’Afrique et travaille depuis la COP22, avec ces partenaires sur la thématique du tourisme et des changements climatiques. La France est également associée aux travaux du Programme des Nations Unies pour l’Environnement sur les modes de productions et de consommations durables (10YFP). Par ailleurs, en tant que membre du conseil exécutif de l’OMT (Organisation Mondiale du Tourisme), elle suit attentivement les initiatives qui y sont engagées en faveur du tourisme durable.

Enfin, à l’export, le ministère tend également à soutenir des filières et entreprises présentant un savoir-faire innovant en matière de tourisme durable. Cela concerne par exemple l’aménagement des territoires de montagne, le développement de ports de plaisance durables avec des expérience comme Odyssea, ou encore l’écotourisme avec des pépites comme Huttopia qui étend aujourd’hui son activité de campings natures en Chine…

Nous nous réjouissons de l’initiative des Nations Unies de proclamer 2017 comme Année internationale du tourisme durable. Elle présage d’une implication grandissante de la France et des acteurs du tourisme, publics et privés, sur cette thématique primordiale à nos yeux et que nous portons autant que possible en interne. Nous sommes en effet convaincus que chacun, à son échelle, peut faire sa part… Et qu’ensemble, nous pourrons donner corps à cet évènement mondial. 

Livre Michel Durrieu: Tourisme, La France n°1 mondial - Éditions Cherche Midi

jeudi 21 avril 2016

Signature de l’Accord-cadre Odyssea Croissance et Tourisme Bleu Caraïbes

L’Accord-cadre Odyssea Croissance et Tourisme Bleu Caraïbes a été signé le 21 avril 2016, au Marin (Martinique), en présence de M. Matthias Fekl, secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l’étranger, et avec le soutien de Mme George Pau-Langevin, ministre des Outre-Mer. Il a pour objet le soutien de la candidature au Programme Interreg Caraïbes, des partenaires du programme Odyssea Croissance et Tourisme Bleu Caraïbes 2016-2020.
Le projet de coopération Odyssea Croissance et Tourisme Bleu Caraïbes intègre les bénéficiaires français de la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, de Saint Barthélémy et Saint-Martin qui s’engagent à proposer aux pays tiers des Caraïbes suivants : Mexique, Cuba, République Dominicaine, Colombie, Sainte-Lucie, de s’associer à la création, à partir des ports de plaisance, d’un grand thème d’Itinéraire culturel des voies maritimes et historiques des Caraïbes.
C’est un projet stratégique de développement territorial durable en lien avec les entreprises et les acteurs locaux engagés. Il s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération des villes-ports, la gestion intégrée des zones côtières, la protection de la biodiversité, la croissance bleue et la mise en réseau (coopération, bonnes pratiques – échanges d’expériences) des îles – régions maritimes.
Un soutien de l’Etat français réitéré et concrétisé
Le secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et du Développement international, M. Matthias Fekl, en s’adressant aux partenaires Odyssea Caraïbes, a souligné « le travail exemplaire et emblématique de ce qui doit être construit ici » dans le cadre de ce programme.
Michel Durrieu, directeur du Pôle Tourisme au ministère des Affaires étrangères et du Développement international, a déclaré, à l’occasion de cette signature : « Le Mexique, la Colombie et Cuba ont dores et dejà exprimé leur intérêt pour le programme Odyssea Croissance et Tourisme Bleu Caraïbes. Je présenterai, au nom de la France, ce dossier à Cuba, le 04 mai 2016, devant le Conseil Amérique de l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), à l’ensemble des pays de la zone. L’OMT étudiera à ce moment-là son soutien à la démarche Odyssea ».

 Etaient notamment présents pour cette signature, aux côtés de Monsieur le ministre :
– M. Fabrice Rigoulet-Roze, préfet de la Martinique
– M. Jean-Jacques Narayaninsamy, sous-préfet arrondissement du Marin
– M. Michel Peltier, directeur de la mer de la Martinique
– M. Michel Durrieu, directeur du Pôle Tourisme au ministère des Affaires étrangères et du Développement international
– M. Alfred Marie-Jeanne, président de la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM)
– M. Eugène Larcher, président de la Communauté d’Agglomération de l’Espace Sud Martinique (CAESM)
– M. Rodolphe Désiré, maire de la Ville du Marin
– M. Serge Pallarès, président de la Fédération Française des Ports de Plaisance (FFPP)
– M. Jean-Claude Méric, vice-président de la FFPP délégué au Tourisme, SG de la Fédération Française de Voile
– M. Philippe Calamel, directeur du GEC Odyssea

jeudi 16 avril 2015

Jean Bernard Falco -Retour d'expérience : "Comment j'ai négocié mon développement en Chine"

Jean-Bernard Falco, le président-fondateur de Paris Inn Group, a été nommé fédérateur des entreprises de tourisme à l'export en novembre 2014 par Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international. Il explique son projet pour l'hôtellerie en Chine.



L'Hôtellerie Restauration : Paris Inn Group a été le premier hôtelier indépendant à réaliser un joint-venture en Chine avec un groupe local. Quelles ont été vos motivations avec ce projet ?

Jean-Bernard Falco : nous sommes partis du constat que le tourisme chinois allait être prépondérant d'ici quelques années sur tous les marchés mondiaux. En 2013, le tourisme chinois représentait 1,7 million de nuitées en France, et devrait en représenter cinq fois plus dans les cinq prochaines années. Il faudra donc savoir répondre à leurs attentes ; la meilleure façon de les comprendre, c'est en étant chez eux. Pour nous installer, nous devions nous associer avec un opérateur local. C'est ce que nous avons fait en créant ce joint-venture avec Plateno Group, l'un des trois plus gros opérateurs chinois. Il possède 3 000 hôtels, 60 000 salariés et réalise 1,6 milliard de dollars de chiffre d'affaires consolidé. De notre côté, notre réseau est constitué de 30 hôtels, 700 salariés, et nous réalisons 100 millions de dollars de chiffre d'affaires.
 
Comment a été finalisé le joint -venture ?

Le budget global représentait 50 M$ [46 M€]. Nous avons apporté nous-mêmes 2 M€ répartis entre un prêt BPI à hauteur de 825 000 €, un prêt complémentaire de HSBC à hauteur de 825 000 € et le reste en fonds propres.

Les délais d'obtention des prêts ont-ils été longs ?

Non, nous n'avons mis que six mois pour trouver un terrain d'entente avec notre partenaire chinois et moins de trois mois pour obtenir les fonds. Dans ce projet, nous avons également été accompagnés par Business France à Guangzhou, et par la société Pramex, filiale du groupe Banque Populaire Caisses d'Épargne, qui aide les établissements de taille intermédiaire [ETI] et les PME dans leur phase de création et d'installation. Nous étions aussi en étroite relation avec la société Organisation Conseil Audit [OCA], représentée par Claude Li, le directeur, du Chinese Desk, qui a été un facilitateur du projet.

Quels sont les gains que vous retirez de ce projet à la française en Chine ?

Le premier est d'être le premier groupe d'hôtels indépendant à avoir réussi un joint -venture, ce qui va nous permettre de déployer une nouvelle enseigne de luxe à la française sous la marque Maison Albar en Chine. Le réseau sera constitué de boutique-hôtels design d'environ 100 chambres, de type 5 étoiles, qui seront considérés en Chine comme représentatifs de l'élégance à la française. Le rythme de développement a été fixé à 50 hôtels pour ces trois prochaines années et 200 d'ici dix ans.

Si l'esprit familial de notre projet et le côté spécifique de nos hôtels ont séduit les Chinois, nous avons été remarqués également par le ministère des Affaires étrangère et du développement international, qui m'a nommé fédérateur de la famille tourisme à l'export, pour toutes les PME et ETI de cette grande famille. On pourra y retrouver toute la gamme d'entreprises indépendantes réunies dans un même lieu, de la gastronomie au bien- être, en passant par la mode et la décoration.

Quels sont les freins à ce type de projet ?

Il y en a trois. Le premier est la barrière de la langue. Si les dirigeants peuvent se faire aider par leurs équipes dans certains cas, il est indispensable de recourir à un interprète, en Chine par exemple. En ce qui nous concerne, nous avons été très bien accompagnés par la société OCA. Le deuxième, c'est les ressources humaines. Comment faire, et avec qui ? Business France, la structure qui réunit depuis le 1er janvier UBI France et l'AFII, est remarquablement efficace. Elle peut mettre à disposition des volontaires à l'international qui accompagnent les entreprises, via leur bureau local d'implantation. Le troisième frein concerne le financement. Là encore, grâce aux efforts de Bpifrance et à leur offre particulièrement adaptée comme le prêt export, les obstacles sont réduits. D'autant que d'autres dispositifs, représentés par des fonds propres ou des quasi fonds propres complètent le financement.

Votre projet en Chine fait office d'exemple pour les autres. Quelle est votre feuille de route en tant que fédérateur ?

Nous pouvons monter des projets rapidement, simplement et de manière efficace grâce la task force que j'ai créée au sein de notre filière avec des représentants de Business France, Bpifrance et Atout France, véritable équipe France à l'international. En quatre mois, une trentaine d'entreprises nous ont rejoints, dans les quatre principaux domaines que je fédère : la montagne, les parcs d'attraction, les ports de plaisance et le bien-être. Notre filière est accompagnée et suivie par Michel Durrieu, responsable du pôle tourisme au ministère. Un nouveau label, French Travel, sera lancé et présenté lors des prochaines assises du tourisme au cours du dernier trimestre de l'année 2015. Pour nous, l'objectif diligenté par le ministre est simple, dynamique et ambitieux : multiplier par dix au moins le chiffre d'affaires des entreprises sélectionnées et labellisées grâce à l'international. C'est en bonne voie.

Catherine Avignon